Nadir Kahia : « Je suis critique aussi des habitants des quartiers populaires »

Nadir Kahia, président de l’association Banlieue Plus, était l’invité d’André Bercoff le 5 septembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états". Ensemble, ils sont revenus sur les clichés sur les quartiers populaires. Sont-ils fondés ?

Nadir Kahia invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Nombreux sont les clichés qui collent à la peau de la banlieue et de ses habitants. C’est pour contrer les idées reçues que l’association Banlieue Plus s’est fondée en 2014, présidée par Nadir Kahia. Invité d’André Bercoff, jeudi 5 septembre, ils sont revenus sur les idées préconçues des quartiers populaires pour tenter de démêler le vrai du faux.

 

"Parler de la banlieue avec des habitants de la banlieue"

"Il faut parler de la banlieue avec les gens qui vivent en banlieue" juge Nadir Kahia, qui déplore une "mise à l’écart" de ces habitants, souvent "renvoyés à leurs origines". Si certains font des quartiers populaires un portrait noir et d’autres roses, le président de Banlieue Plus reconnaît une réalité "avec ses défauts et ses points positifs".

"La banlieue c’est la France, ce sont des millions de femmes et d’hommes qui y vivent". Si d’après lui, le mot banlieue signifie "mise à l’écart", Nadir Kahia rappelle que "paradoxalement, nous sommes bien en France" et espère sortir du "dialogue de sourd" pour enfin redonner la parole aux vrais acteurs des quartiers populaires.

 

"Les habitants ont un rôle à jouer"

"Ce qui est compliqué, c’est que ça fait des années qu’on n’a pas réellement la parole", constate Nadir Kahia, arguant que des émissions de 30 minutes ne suffisent pas à véritablement dépeindre la réalité de la vie dans les quartiers. "Cela explique la situation dans laquelle on est aujourd’hui, continue-t-il, il y a un manque de courage politique pour évoquer les vrais sujets : les violences, la délinquance, la drogue, la radicalisation". Mais Nadir Kahia le répète : « la réalité ce n’est pas que ça ».

Pour lui, les responsabilités sont partagées. "Je suis critique des politiques, de la police mais également des habitants des quartiers populaires". Nadir Kahia espère que les citoyens "auront la capacité de trouver une solution". Pas une solution frontale, mais "un accompagnement par les médias ou les politiques", notamment sur les activités proposées dans ces quartiers "qui regorgent de talents à tous les niveaux et dans tous les domaines".

 

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