Françoise Degois: "Le populisme, ça ne marche pas"

Editorial

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Tempête en Grande-Bretagne, et plus généralement chez tous ceux qu'on appelle "les populistes". Au Brésil, en Italie, en Grande Bretagne, Trump aux Etats-Unis, Salvini en Italie... Sale temps pour eux.

Sale temps, mais ils en sont les uniques responsables. Salvini a provoqué la crise cet été en réclamant les pleins pouvoirs. La dernière personne à l'avoir fait s'appelait Benito Mussolini. Boris Johnson joue jusqu'au bout avec les institutions. Il s'amuse, il fait joujou, il a le droit - en poussant la logique jusqu'au bout - de boucler le Parlement. Il le fait mais ça ne passe pas.

Jaïr Bolsonaro avait 75% d'opinions favorables lors de son investiture, contre 45% Cela n'est pas à cause de l'Amazonie mais de son comportement intérieur.

Aux Etats-Unis, ça va plutôt mieux pour Trump que pour les précédents cités... Mais il y a la peur de la récession, le frein de l'économie, la guerre avec la Chine... Cela ne va pas si bien que cela non-plus pour les populistes aux Etats-Unis.

Comment expliquer ces échecs?

C'est d'abord leur faute. Salvini dira que c'est de la faute de l'Europe, Boris Johnson également, Bolsonaro dénoncera les élites. Mais en fait, c'est de la faute à leur promesses intenables. Le revenu universel en Italie, c'est un échec total (pas grand chose de versé quand on attendait 800 euros). Souvenez-vous: Bolsonaro qui avait annoncé une réforme des retraites et fait descendre des centaines de miliers de personnes dans la rue, contre sa réforme injuste. Les populistes ont été élus sur la défiance: par rapport aux élites (peur du déclassement). Défiance aussi à l'égard des immigrés, mais pas les mêmes selon les cas: en Italie, ce sont les musulmans et les pays du Moyen-Orient. En Grande-Bretagne, ça a été les polonais bien catholiques et bien blancs. Ils ont été élus sur de la défiance et sur des promesses: "avec nous, ça sera mieux". Eh bien ça ne l'est pas.

Avec quelles répercussions en France?

Marine Le Pen et la droite la plus dure s'appuie sur des Trump, des Salvini, sur les résultats des populistes. Elle s'appuie sur des gens en exercice qui sont globalement en train d'échouer (Je met Donald Trump de côté). Allez, je tente la provoc: le populisme, ça ne marche pas. En France, on n'est pas obligés de choisir, de façon binaire, entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il y a certainement une autre voix... qui n'arrive pas à émerger pour le moment !