Yves de Kerdrel: "L'absentéisme au travail, une tendance inquiétante"

Editorial

Yves de Kerdrel - Sud Radio

Selon des indicateurs récents l’absentéisme au travail augmente et notamment les arrêts maladie de longue durée. Pourquoi ?

Quand on parle d’absentéisme au travail, c’est toujours très compliqué de faire la part des choses entre ceux qui sont absents sans raison vraiment valable et les arrêts maladie sérieux. Ce qui est sûr, c’est que le taux d’absentéisme a connu une hausse inédite de 8 % l’an passé. Si bien que l'absentéisme est désormais de 18,6 jours en moyenne par an et par salarié, contre 17,2 jours en 2017. Ce baromètre prend en compte les arrêts maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles dès le 1er jour d'arrêt. Et cela s’explique notamment par un bond des arrêts maladie de longue durée (plus de 90 jours) qui progressent de 10 %. C’est une tendance qui est inquiétante car elle déstabilise les entreprises, qu’elle est coûteuse et surtout qu’elle témoigne d’un mal-être.

Qu’est ce que vous entendez par là ?

L’absentéisme au travail à tendance à croître en fonction de l’âge des salariés. Il est de 2,5 % chez les moins de 25 ans et de 7,40 % chez les 56 ans et plus. Mais le plus inquiétant c’est que ce baromètre national observe une part croissante des arrêts de longue durée chez les moins de 40 ans : + 23 % en 2018. Il s’agit de vrais arrêts maladie. Et sont en cause des maladies professionnelles, des problèmes dus aux conditions de travail difficiles, et surtout l'épuisement professionnel. Le pire c’est que le secteur professionnel le plus éprouvé par ces arrêts maladie, c’est la santé. Et on le voit aujourd’hui avec les conditions de travail dans les urgences. Ce qui est important, à travers ces chiffres, c’est que l’on s’aperçoit que le travail qui est en principe une source d’épanouissement peut rendre malade. Evidemment ce n’est pas normal. Le stress, des horaires à rallonge, des mails qui vous suivent chez vous ont totalement modifié le rapport des français au travail. Et au moment où il est question de faire travailler les français plus longtemps, il faut bien avoir en tête l’état d’épuisement de ceux qui travaillent et qui ont travaillé plus de 40 ans. Voilà un sujet pour Jean-Paul Delevoye, qui entre aujourd’hui au gouvernement